Archives mensuelles : avril 2013

Tous frappés par le Rayon Vert !

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Alors que je commence mes premiers pas dans l’univers fantastique de la Bd et des comics, voilà que le domaine de Volkrange accueille pour la seconde fois, le festival BD Le Rayon Vert. Inespéré pour un autodidacte comme moi ! Je vais pouvoir tailler le bout de gras avec des scénaristes, des dessineux et tout une tripotée d’artistes !

« Le festival BD Le Rayon Vert, c’est à Thionville/Volkrange les 4 et 5 Mai 2013

Hervé notre lézard géant sévit de nouveau cette année et entraîne dans son rayon de nombreux artistes : Stéphane Créty, Lionel Richerand, Clément Lefèvre, Magali Villeneuve, Alexandre Dainche, Laurent Cagniat, Jean-François Kieffer, Chandre… sont les invités d’honneur de la 2e édition du festival BD « le Rayon Vert » de Thionville-Volkrange.

En plein cœur du Domaine de Volkrange, aux portes de la Belgique et du Luxembourg, la ville de Thionville accueille cette année plus d’une trentaine d’auteurs, dessinateurs, coloristes, illustrateurs… pour vous offrir un large panorama du 9e art.

Autour des séances de dédicaces et de nombreuses animations sont associés à l’événement : expositions, conférences, cosplay, battle de dessinateurs, ateliers pour les enfants, concert… Et l’entrée est GRATUITE!!!!!!

La Bande Dessinée sera à l’honneur mais les livres jeunesses, les livres illustrés, la BD numérique ne seront pas en reste. Tous les styles seront représentés : franco-belge, comics, manga, roman graphique…

Et bien entendu vous pourrez manger sur place, vous détendre dans le parc entres amis ou en famille et en début de soirée profiter du concert gratuit de The Yokel.« 

En tout cas, cette année Christian Lesourd et toute son équipe nous offre un programme d’exception :

« Samedi 4 mai:

  • 14h – 19h : Dédicaces des auteurs
  • 15h30 : Conférence Comics : Batman de 1939 à aujourd’hui animée par Jeff
  • 17h – 18h : Concours Cosplay
  • 18h : Conférence Mangas : Les 10 mangas indispensables sortis en 2012 animée par Jeff
  • 19h : Battle de dessinateurs (performance)
  • 20h30 : Concert gratuit THE YOKEL

Dimanche 5 mai:

  • 9h – 10h : Petit BD’ jeuner
  • 10h – 18h : Dédicaces des auteurs
  • 11h : Conférence comics : Les 10 comics indispensables sortis en 2012 animée par Jeff
  • 14h : Rencontre autour de la BD animée par Christian Lesourd
  • 15h30 : Conférence manga : La figure de l’antagoniste dans les shônens animée par Jeff
  • 17h : Illustrations musicales (performance)
  • 18h : Clôture du festival

Les autres animations durant ces deux jours :

  • Prêt de BD avec la Bibliothèque de Thionville
  • Exposition de BD anciennes avec la Bibliothèque de Thionville
  • Exposition : Les Super Héros proposée par Exposika
  • Promenade et lecture dans le parc avec la Balades’sinée
  • Bouquinistes
  • Fanzine dédié à Fairy Tail
  • Ateliers enfants
  • Concours de dessins. »

En espérant y retrouver certains d’entre vous. Je vous dis à tout bientôt les p’tits lapins.

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La lettre d’Illiane pour le projet « Cher moi »

Chaque nouvel arrêt du projet « Cher moi » est une plaie ouverte qui, non seulement, ne se referme pas, mais en plus s’infecte sans que l’on puisse y faire quoi que ce soit. Sauf, qu’hier j’ai eu la surprise de recevoir une nouvelle contribution. Alors amie avec Scalp, Illiane a fureté sur mon blog, a trouvé le chemin jusqu’à « Cher moi » et a eu la gentillesse de délaisser quelque peu la rédaction de son roman pour nous offrir sa version à elle de la lettre spatio-temporelle. Mais avant toute chose, petite présentation de l’auteur :

Je crois que je suis née le jour où j’ai ouvert mon premier roman. Je ne sais pas exactement quand c’était mais c’est arrivé très tôt dans ma vie. J’ai dévoré beaucoup de livres avec passion, jusqu’au jour où j’en ai eu marre que les histoires ne tournent pas comme je le souhaitais. C’est comme ça, alors que je n’étais qu’une humble élève de première que j’ai écrit mon premier roman. Pourtant, je n’ai pas fait de cette passion mon métier. J’ai choisi la géologie, cet autre domaine assez mal vu du grand public. Mais malgré mes études scientifiques, je n’ai pas cessé d’écrire et de lire. Sans le vouloir, je me suis pliée au crédo disant que l’imagination était la seule arme contre la réalité.

C’est pendant mes deux ans de prépa que j’ai écrit mon premier roman, celui que je n’ai jamais mis au fond d’un tiroir (j’en ai écrit avant pendant le lycée mais je les ai réécrits à 95% plus tard). C’est ce roman que j’ai longuement corrigé et envoyé chez les éditeurs le mois dernier. Mes collègues n’ont jamais compris comment je pouvais passer autant de temps  dans les mondes de l’imaginaire (déjà que j’étais une sorte d’ET pour eux parce que j’aimais la géologie…), ils me sortaient assez souvent que ce n’était pas « scientifiquement satisfaisant ». Mais pourtant, c’est parce que j’avais cette fenêtre ouverte sur un autre monde que j’ai réussi. J’ai repris l’écriture un an plus tard, alors que j’abordais ma 2e année en école de géologie. Et j’ai entendu les mêmes remarques. C’est quand on m’a demandé ce que je faisais ici, vu que je passais beaucoup de temps à écrire (c’était le Nano de novembre en même temps…) que j’ai compris une chose très importante : que la géologie et l’écriture étaient autant ma voie l’une que l’autre. Et que je n’avais pas à choisir. Je n’ai toujours pas arrêté d’écrire (ma muse est très productive et très envahissante). L’imagination est la seule arme contre la réalité.

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« Chère Illiane,

Tu dois te demander qui ose te mettre un message pareil alors que ce pseudo n’est connu que de quelques rares personnes que tu connais parfaitement. Mais rassures toi, tu me connais aussi… Enfin je te connais parfaitement alors que toi pas encore. Je suis toi… En 2013.

Je sais, ça peut être un peu tordu, presque autant même que les romans que tu écris. Comment le sais-je alors que tu ne les as pas encore montré à quiconque, pas même à Flou, ta (enfin notre) meilleure amie ? Je te l’ai dit : je suis toi. Evidemment, tu ne me crois pas. Après tout, les voyages temporels ne sont qu’un rêve d’amateurs de science-fiction à tes yeux. Mais pour une fois, arrête l’espace de quelques instants de raisonner dans les termes du possible que la science tente de t’inculquer et laisse ton imagination prendre les commandes…

Si je ne me plante pas, tu as 16 ans… Tu es en terminale S et tu galères avec tes 2 options facultatives… A cette période, tu dois encore en train de te demander quel classement tu veux choisir pour tes prépas. Parce que je crois que tu as déjà décidé que tu ferais prépa. Mais il me semble (si mes notes sont justes… mais c’est tellement raturé que je me trompe peut être) que ta sœur te tanne pour que tu mettes des noms parisiens et que tu fasses des portes ouvertes. Franchement, écoute-la. Elle a tout à fait raison. Ce que tu verras va surement changer ta vie. Attention, je ne te dis pas que tu seras prise dans l’une d’entre elles. Mais ça t’influenceras (je sais que tu n’aimes pas ce mot, il a une connotation que tu décris très bien dans tes « essais pseudo-philosophiques » comme Laure les appelle mais essaies pour une fois d’en faire abstraction).

Attends… début 2008 c’est ça ? Tu reviens d’Italie non ? Tu dois encore avoir la tête pleine de souvenirs, des aussi bons que des mauvais. Passes au-dessus de ces derniers et écris l’histoire qui te trotte dans la tête. Nermie ce n’est pas un si mauvais nom. Oui, je sais, c’est le surnom de ton chat. Tu peux encore le voir ronronner sur tes genoux et tu dois surement t’en vouloir de lui avoir ouvert il y a deux mois. Mais tu dois vraiment surmonter ça. Ecris, couche sur le papier cette histoire. Elle n’est pas si mauvaise que ça en y repensant (mais je ne te cache pas que tu la réécriras plus tard). Et c’est surtout le début de cette frénésie de l’écriture qui ne m’a toujours pas quitté. Ecris, sans te soucier de ce que pensent les autres. Tu entendras souvent que ce n’est pas fait pour les scientifiques d’écrire (et les géologues, je ne te dis même pas !). Mais ne les écoutes pas. Ne les laisse pas t’écraser parce que tu assumes ta différence avec brio.

Et l’avenir ? Moi ? Je suppose que si j’en dis plus, ça ne risque pas de détruire l’univers… Tu vas faire des choses merveilleuses mais aussi traverser des épreuves très difficiles. Un jour tu vas même essayer de commettre une erreur irréparable. Mais tes rares amis seront là pour toi. Parce que oui, certaines choses ne changeront jamais : tu vas rester profondément seule. Ton entourage sera toujours limité mais tu pourras compter sur lui dans les pires moments. C’est grâce à eux que tu continueras à te battre pour réaliser tes rêves alors que d’autres essayaient de les piétiner. Certaines personnes se révèleront être des alliés inattendus et je peux même t’en citer quelque uns : Sandra, Manon et Fal’… Tu pensais qu’ils t’oublieraient dès que vous vous sépareriez ? Eh bien non. Fal’ t’appelleras tous les ans pour ton anniversaire. Il ne loupera jamais la date et tu seras même surprise par son évolution. Manon habitera à 4 arrêts de tram de chez toi et vous vous reverrez assez souvent. Quant à Sandra… Elle sera l’une de tes lectrices les plus fidèles. Celle qui dévorera tes romans avec passion. Aucun de ces trois-là ne te lâchera même si à l’instant où tu me lis, tu es trop fière pour admettre qu’un jour tu auras besoin d’eux. Tu penses que tu peux te débrouiller seule dans les pires moments. Mais c’est faux. Tu auras besoin d’aide et ce sont ces personnes-là qui viendront te tendre la main (sans oublier Flo et deux autres filles que tu ne connais pas encore).

Pourquoi ne te donne-je pas plus de détails sur ce qui t’arrivera exactement ? Parce que si tu évites cet évènement, tu ne grandiras pas. L’épreuve que tu traverseras te rendra plus forte, plus endurante au monde qui t’entoure. Ta sœur a raison quand elle te dit que tu es trop douillette. Mais un jour prochain, elle admettra le contraire en regard de ce que tu auras vécu.

Je ne dis pas que ce sera facile. Loin de là. Mais tu dois, non tu vas te battre.

Et après ça tu arriveras enfin à réaliser un de tes rêves. Tu arriveras à rentrer dans l’école qui t’intéresse. Tu y feras beaucoup d’erreurs qui t’affecteront. Mais ce sera l’occasion pour toi de repartir sur des bases saines, pour la première fois depuis des années. Tu recommenceras à écrire des romans malgré les commentaires désobligeant que tu entendras. Tu vas continuer à te battre pour ton idéal.

Et il se pourrait bien que tu gagnes en fin de partie.

Alors ne laisse jamais quelqu’un te demander ce que tu fais dans une section scientifique, toi qui portes un chapeau de pirate et qui passes ton temps libre à écrire. La géologie est ta voie, au même titre que cette littérature que tu savoures. Les deux font partie de ton identité et nier l’un ou l’autre revient à ignorer une partie de toi.

Ne cesse jamais de croire en tes rêves.

Bon courage pour le trajet qui nous sépare ! 5 ans c’est à la fois court et long. Tu changeras beaucoup sur certains points. Pour d’autre non.

Illiane

PS : Pour le voyage du concours d’éloquence, choisis la Finlande et insiste auprès de Véro. Et surtout, n’oublies ni ton ordi ni ton appareil photo quand tu iras. Tu ne regretteras pas. »

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Être un tremblement de terre… pas facile tous les jours !

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Avec sa tête placardée partout dans la ville où il réside, le petit garçon du livre de Martin Page, « Je suis un tremblement de terre » est sacrément embêté. Imaginez : il déclenche des secousses sismiques, fait apparaître des lézardes au plafond, fissure les maisons et déracine des arbres sans s’en rendre compte.

Ce livre m’a été suggéré par Olivier Chapuis, l’auteur qui a animé l’atelier d’écriture. Je lui avais parlé de mon envie d’écrire un roman jeunesse, un peu plus long que celui consacré au croque-mitaine et le nom de Martin Page s’est immiscé dans la conversation. Petite visite rapide sur Amazon et quelques jours plus tard, je recevais un exemplaire de cet auteur dans ma boîte aux lettres.

Première impression. L’écriture est fluide, soignée. Le récit avance rapidement. Les chapitres sont courts et les rebondissements ne manquent pas. Le dénouement est tout simplement abracadabrantesque, mais je n’en dirais pas plus ici. Lisez ce livre car c’est un véritable régal. Autre point important : la poésie. La prose de Martin Page est teintée de fantastique, nimbée d’un onirisme auquel je fais parfois appel dans mes propres histoires. Je me suis donc reconnu dans cette manière d’imbriquer le merveilleux dans la vie de tous les jours.

Le moment que j’ai préféré dans ce livre ? La manière de faire disparaître les parents du petit garçon dans un bombardement alors qu’ils travaillent dans une usine de bonbons et que leurs corps se changent instantanément en statues de sucre.

J’ai été soufflé par cet auteur que je ne connaissais pas ; à mon grand regret. J’ai réparé mon erreur et je puis affirmé que Martin Page fait partie de ces auteurs français à surveiller de très près.

Sur ce, à plus tard les p’tits lapins.

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Première epub !

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Aujourd’hui, 19 avril 2013 est un grand jour pour moi ! Ma première publication numérique éditée chez les éditions Walrus, dans la collection « Micro » de ma nouvelle « Cosmic Karma ».

Je ne pouvais m’empêcher d’en dire deux mots ici. Bien sûr, ça peut être insignifiant pour pas mal de gens ce que je raconte là. Mais pour moi c’est presque deux années de boulot, passées à écrire, écrire et écrire encore. Deux ans à ne rien lâcher même si c’était super dur. Deux ans où j’ai eu dix fois le temps de faire marche arrière et de laisser mon rêve d’être édité tomber aux oubliettes. Mais, non ! J’ai tenu bon.

Bien sûr, ce n’est qu’une nouvelle courte. Mais j’ai de la suite dans les idées, pas mal de projets que j’aimerais mener à bien. Donc si le soap-opera initiatique vous branche, que les voyages spatiaux sont votre délire, que vous aimez les histoires de spectres et… de crabes alors sautez sur Cosmic Karma. La nouvelle coûte moins d’un euro et peut être lue aussi bien sur liseuse que sur votre ordinateur. Tentez l’expérience ICI !

Bonne lecture à vous les p’tits lapins et n’hésitez pas, après lecture, de me faire part de vos impressions via mon adresse mail : sakochmaar@gmail.com. À bientôt 😉

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La lettre d’Annick Mauriange pour le projet « Cher moi »

Le projet s’est arrêté un long moment faute de contribution. Et puis hier, j’ai reçu un mail d’une personne qui connaissait le projet via une contributrice. Une connaissance d’Alizée Villemin qui a bien voulu se prêter au jeu de la lettre spatio-temporelle. Nous accueillons donc aujourd’hui Annick Mauriange qui va se présenter en quelques mots :

L’imagination, mon deuxième prénom depuis toute petite. Enfin, pas sur l’état civil j’entends. Néanmoins, depuis toute petite, elle sort ça et là, par le dessin pour commencer. Petits personnages, essais de BD… petites et grandes idées trouvent leur place sur le papier. Et à 16 ans, j’écris. Alors fan de Buffy, du “Journal d’un Vampire” et de la saga littéraire du passage à l’an 2000 “Compte à Rebours”, je mets en scène mes copains dans des histoires de vampires et des fanfics de Buffy. Deux petits romans voient le jour, histoires de potes qui ne sortiront pas du lycée.
Je change de lycée deux fois et mes idées d’histoires suivent. Au lycée français de Stockholm, une histoire de dragon jamais terminée… et de retour en France, des nouvelles.
Je publie alors sur France-jeunes.net: “2 minutes de Vérité”, “Phobies.com”, “La Vengeance du Papillon”, “2 en 1”, “Cauchemar Post-Mortem”… autant d’histoires sombres dans le ton de mon goût pour le noir et le métal.
Un jour je rencontre mon chéri et je connais la vie d’adulte, la recherche de job, les enfants… l’écriture passe au second plan. Je conserve cependant dans un coin de ma tête des histoires mêlant Sf, fantasy et un soupçon de terreur à la Stephen King. Mon héros attend dans son tiroir depuis presque 10 ans, que je trouve comment le mettre en scène…
En 2012, je mets l’écriture au service du Galérien et m’insurge contre la société. Le Huffington Post et Rue89 publient ma “Lettre d’une “Assistée” à Nicolas Sarkozy”, citée entre autre par Anne Sinclair herself. Et aujourd’hui, alors que j’ai un boulot et une vraie vie, quand j’a le temps je réécris. J’a toujours des romans au fond de ma caverne, en attendant je continue dans la nouvelle!”

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 « Salut, toi !

A voir ton air étonné, je devine que tu ne l’attendais pas celle-là. Car oui, tu as l’insigne honneur de tenir entre tes mains une lettre de toi-même. Enfin, toi-même en plus vieille, en plus ronde, en plus mature, en plus… plein de chose. Et là je devine, car je te sais friande d’horoscopes et autres charlataneries (je le suis encore), que tu te rues sur la suite pour savoir ce qui va t’arriver, si Régis, non, Julien, non, Alexis, non, Hervé va sortir avec toi. Et tu as la naïveté de croire que je vais te le dire en plus ! Que non. Je sais par contre, que de là ou tu es, tu ne conçois pas une seconde l’avenir au-delà de vingt-cinq ans. Tu ne sais foutrement rien de ce que tu feras plus tard. En fait, je crois me souvenir qu’au moment où je te chope, tu dois avoir dans les dix-huit ans, tu n’as toujours pas fait ta crise d’adolescence et tu vois noir. Littéralement j’entends, c’est bien du Cradle of Filth dans ta mini-chaîne ? Et tu rumines sur ta dissertation et tu te demandes ce que tu fous là, dans ce énième lycée, dans cette ville, dans cette famille. Ce soir tu vas rentrer à la maison et prier pour que Smaug (lis Bilbo, tu comprendras la référence) te fiche la paix jusqu’au coucher, pour que sa copine ne vienne pas t’inviter à la confidence – parce que tu sais qu’elle est loyale à Smaug, non à toi – pour que les frangins soient sages, que Opa passe la nuit et que Maman aille bien. Et tu t’endormiras sur Better to Reign in Hell en te demandant quand, enfin, tu pourras te barrer de cette maison. Oh mais sur ce point, rassure-toi tout de suite, tu ne t’appelles pas Tanguy ! Encore une fois non, je ne te raconterai pas ton avenir. Je n’ai pas envie de te faire peur. Oups… D’où je t’écris, j’ai un travail stable, une famille et quelques amis. Pas autant que ne le prétend mon profil Facebook (quézaco Facebook ? patience, gniark gniark gniark) certes, mais tu sauras t’entourer convenablement. Les gens te respectent. Tu ris en lisant cela, mais je ne me fous pas de toi. Les gens te font confiance, tu es appréciée, tu sais cultiver et assumer ta différence. La pétition qu’ont faite les filles de la classe pour que tu changes, déchire-la. Tu n’as pas besoin de devenir un clone pour t’intégrer. Tu as un foutu caractère, tu sais ? Tu en as déjà bavé, que ce soit à l’école ou en famille, la vie tranquille pépère n’est pas faite pour toi et regarde où tu es : tu passes ton bac dans deux mois ! La vie ne va pas s’améliorer après. Un jour tu auras un chez-toi, un copain, des enfants. Si, si, des enfants. Smaug sera féroce. Sérieusement, tu vas galérer. Tu vas tomber, traîner dans la boue (voire dans autre chose), tu auras de gros bobos au moral, mais pour chaque guerre que tu mèneras, à chaque victoire tu t’envoleras. Yoda, sors de mon corps je te prie. Je te recommande simplement de ne jamais, jamais regretter tes choix et ton parcours. Je ne regrette pas le mien ! Chaque fois que tu entreras dans le mur, pour chaque dent de perdue tu en gagnes une en or. Tu vas te tromper un paquet de fois avant de trouver le bon mec, le bon appart, le bon métier. Et chaque erreur t’apportera de nouvelles connaissances. En tout cas reste toi-même, assume-toi jusqu’au bout comme d’habitude. Tu as du talent, tu sais faire beaucoup à partir de pas grand-chose. Dessine, écris, vis tes idées et tes passions à fond, éclate-toi. Ah, et par contre, vas chez le dentiste une fois par an parce que les rages de dent, c’est super douloureux. Et dernière chose, avoir mal à la tête ne veut pas dire que tu as une tumeur ou que tu fais un AVC, ça s’appelle la migraine. Bonne continuation ! Que dis-je, bien sûr qu’elle sera bonne. Ou pas. Gniark Gniark Gniark…
Moi. »

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Vous pouvez suivre son actualité ici : http://annickmauriange.com/amostories

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Le zoo des chimères

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C’est au détour d’une visite au festival Trolls et Légendes que je suis revenu avec un livre des Éditions Argemmios. Le « Zoo des chimères » de Chantal Robillard. Et je dois dire que j’ai été surpris.

Le livre raconte, comme vous pouvez vous en doutez, l’histoire d’un zoo. Mais un zoo pas comme les autres. Sinon, ça ne serait pas si intéressant. Ce zoo est assez particuliers. D’une part parce qu’il ne se trouve pas sur Terre. Ce qui en fait déjà quelque chose d’exceptionnel. Et d’autre part, car ce zoo est peuplé d’une myriade de créatures toutes plus féeriques les unes que les autres. Pour couronner le tout, le zoo en question a été dévasté par une catastrophe et les animaux qui y séjournent sont mélangés, les enclos sont détruits, l’installation est défectueuse et chaque jour qui passe, un nouveau problème survient.

Voilà pour ce qui est de ce qu’on appelle le « pitch » du livre. Maintenant, reste à savoir comment ce livre est écrit. Car un livre n’a sa vie propre qu’une fois qu’il a trouvé sa voix : le moyen qu’à trouvé l’auteur pour nous conter cette mésaventure. Et là également, je dois avouer que Chantal Robillard fait des merveilles. Le texte est magnifiquement bien écrit, ça c’est certain, mais il y a écrire et écrire. L’auteur ici se lance des petits défis. Comme par exemple, « Le Blues de la belle boudeuse » qui, on nous l’explique à la fin du livre, est un tautogramme en b. Dans ce texte, tous les mots commencent par la lettre b. Impossible ? Lisez le texte et vous en resterez bouche bée. Ou encore « Le maraudeur aux yeux jaunes » qui est une variation d’abécédaire tautogrammique. Traduit ça donne : chaque début de phrase commence par une lettre de l’alphabet. Le premier mot de la première phrase commence par la lettre a, dans la seconde phrase par la lettre b, etc.

Petit bémol, à la lecture, le livre donne un ensemble de nouvelles courtes plutôt hétéroclites – de part la manière dont ils ont été rédigés déjà – mais donne aussi une impression de confusion. Il faut essayer de recoller chaque histoires les unes aux autres pour tenter de trouver une cohérence dans le livre qui ne saute pas tout de suite aux yeux. On joue à un puzzle en fin de compte. On reconstitue cette histoire rocambolesque de zoo sur une autre planète ; non, je ne vous dirais pas où il se trouve, à vous de le trouver en lisant le livre.

En tout cas, il y a tout de même un fil conducteur. Un ensemble de textes ayant pour titre « Le cœur de Nino ». On y suit les aventures d’un neutrino qui voyage dans l’espace et vient inexorablement voir ce qui se passe dans ce fameux zoo aux chimères qui rencontre des tas de problèmes.

Au final, j’ai passé un très bon moment avec ce livre qui se lit très vite. Donc pour les réfractaires des gros pavés, je vous rassure tout de suite, ça n’en est pas un. Chaque chapitres se lit avec délectation tant la plume de Chantal Robillard a la capacité de nous transporter à la faveur de sa poésie des mots. Je ne peux donc que vous conseillez la lecture du « Zoo des chimères ».

À plus tard, les p’tits lapins.

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Tout commence comme dans un bon vieux western

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Tout commence comme dans un bon vieux western : un soleil de plomb s’abat sur une grande pleine verdoyante, les ennemis se toisent d’un côté et de l’autre d’une crête. Présentement, il s’agit d’un détachement de Tuniques Bleues qui tente de repousser une poignée de guerriers indiens. À la lecture, on sent que ça va se régler à grands coups de flèches et de fusils. Classique. Les corps criblés de balles et les scalps ensanglantés ne sont pas loin… et puis tout bascule. Alors que les Nordistes sont quasi-certains de leur victoire, un allié inconnu est venu prêter mains fortes aux Indiens. Une imposante silhouette à quatre bras se dresse au-dessus de la crête bientôt suivit par une dizaine d’autres. Et le carnage commence.

Voilà comment débute « Celui qui bave et qui glougloute » de Roland C. Wagner. Le fourbe qui a dit que le steampunk ne se mariait pas bien avec Lovecraft avait tort. Revenons à l’histoire justement. Le personnage principal est un chasseur de primes du nom de Kit Carson. Il rencontre le professeur Lévêque, un frenchie, qui l’aide dans son enquête visant à découvrir qui sont en réalité ces bestioles sorties de nulle part. Dans le même temps, des astronefs étranges envahissent le ciel et se posent un peu partout à travers le monde. De gigantesques mantes religieuses vertes en sortent et livrent à bataille aux géants alliés des Indiens. On apprend par la suite que les « rouges » sont originaires de Mars et que les « verts » viennent de Vénus.  Un troisième larron va se joindre au duo Carson/Lévêque en la personne de Nat Pinkerton, tête pensante de la Première Agence de Renseignement Américain – qui n’est autre qu’une femme, d’ailleurs la scène de l’explication est savoureuse à souhait. Le trio, nouvellement formé se scinde en deux : Lévêque, tourné vers l’ésotérisme, fait route en direction de la côte Est des États-Unis, à Providence plus exactement, tandis que Carson et Pinkerton, résolument plus cartésiens, restent sur le terrain et combattent les ennemis comme ils le peuvent.

Carson et Pinkerton traquent les frères Dalton et Buffalo Bill (devenu tueurs en série de bisons) alors que Lévêque retrouve le Necronomicon dans une vieille bibliothèque de Nouvelle-Angleterre. Le professeur tente, à l’aide de drogues diverses, de lire certains passages du livre maudit afin de trouver, sinon une raison, au moins une solution au problème. À son réveil, Lévêque remarque que le livre n’est qu’une vulgaire copie et que la réponse à ses questions est ailleurs. Le bibliothécaire lui propose d’orienter ses recherches vers une secte étrange baptisée Z’Xem, les véritables gardiens du Necronomicon.

Et tout s’accélère. Alors que les Dalton et Buffalo Bill s’attaquent à des marcheurs encapuchonnés dans le désert que Carson et Pinkerton surveillent au loin, un astronef arrive avec à son bord Lévêque. Les Dalton et les marcheurs sont presque tous tués ; excepté un de chaque bord. La cargaison que trainait les marcheurs attire l’œil de Buffalo Bill qui libère une créature tentaculaire plus horrible encore que les martiens et les vénusiens. Le dernier marcheur est une femme et membre de la secte Z’Xem qui plus est. Elle explique au trio que le monstre se nomme « celui qui bave et qui glougloute » et que ce sont les membres de la confrérie qui sont responsables de tout. Voyant le conflit entre les Confédérés et les Indiens s’éterniser, ils ont, grâce au Necronomicon, invoqués les géants à quatre bras qui ont été suivis par les mantes religieuses. Et comme la situation ne changeait pas beaucoup, ils sont pris la lourde décision de faire venir une autre créature du monde des Grands Anciens : celui qui bave et qui glougloute.

Bien sûr, tout au long de la nouvelle, il y a beaucoup de clins d’œil. On y voit beaucoup de personnages connus du sauvage Ouest sauvage tels que Billy the kid, Calamity Jane, Buffalo Bill, les frères Dalton, O.K. Corral, Wyatt Earp, etc.

C’est le tout premier texte que je lis de Roland C. Wagner. Et je dois dire que je regrette de ne m’intéresser à sa prose que maintenant. Il a écrit beaucoup de choses mais c’est la nouvelle par laquelle je voulais commencer mon « RolandWagner-thon ». Je voulais y aller doucement et éviter de me farcir un pavé de 500 pages qui m’aurait peut-être dégoûté.

Le parfum des « Mystères de l’Ouest » flotte tout au long de l’histoire. Les machines ont des noms super compliqués tout ça pour décrire la manière dont elles fonctionnent. Au final, je me suis régalé du début à la fin et c’est bien dommage que la nouvelle ne fasse que 88 pages tant j’aurais aimé en savoir plus sur ce monde alternatif. Je ne peux donc que vous conseiller de lire « Celui qui bave et qui glougloute ».

Sur ce, je vais vérifier qu’aucune bestiole gluante et munit d’une couronne d’yeux ne se tapisse sous mon lit. On ne sait jamais, des fois que la lecture de cette nouvelle ait invoqué une vilaine bébête venue de l’outre-espace.

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