Archives mensuelles : janvier 2014

Le Yark

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« Là où il y a des monstres, il y a des miracles », écrivait le poète américain Ogden Nash. Une citation qui aurait très bien pu se trouver en exergue du Yark.

Mais qu’est-ce que le Yark ? Les plus observateurs auront certainement notés qu’il s’agissait du titre d’un roman écrit par Bertrand Santini et illustré Laurent Gapaillard. Mais en vérité, c’est bien plus que ça. Le Yark est une étrange créature poilue, griffue et pourvue d’une petite paire d’ailes ressemblant à celle d’une chauve-souris. Son pêché mignon ? Les enfants ! Mais pas n’importe lesquels. Car l’estomac du Yark est assez capricieux et il ne tolère que la chair tendre et savoureuse d’un enfant sage. Les vilains garnements lui donnent des maux de ventre insoutenables et parfois même des boutons.

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Afin d’éviter une nouvelle déconvenue, le Yark décide de mettre le cap au nord, direction la maison du Père Noël. Là, il dérobe la liste des enfants sages puis part alors en quête de son repas. Et c’est le début des tracas pour le Yark.

Graphiquement Laurent Gapaillard se surpasse et nous livre ici des illustrations de toutes beautés. Le Yark semble jaillir de la page tant le trait est précis et soigné. On a même l’impression de feuilleter le carnet de croquis d’un explorateur, traquant la bête merveilleuse dans son habitat naturel, la croquant sur le vif pour en restaurer toute l’authenticité.

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À la barre de ce navire, voguant sur les flots de l’imagination, se trouve Bertrand Santini dont la poésie enchanteresse nous porte tout au long de l’aventure. On se prend d’affection pour cette étrange créature dont le seul souci est de pouvoir se sustenter d’enfants terribles. Enfin, jusqu’à ce qu’une petite fille inverse la tendance. Chose que le Yark n’aurait jamais pensé se produire.

Une bien jolie fable sur la différence. Un texte touchant qui nous renvoie à nos peurs d’enfants, qui réduit la limite entre rêves et réalité à une peau de chagrin, si mince que l’on peut la franchir rien qu’en ouvrant la première page du livre.

Ogden Nash avait raison. Yarkement raison.

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L’étrange réveillon

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L’histoire débute lorsque les parents d’Arthur décèdent brutalement. Ayant vu le jour au sein d’une famille très aisée, le jeune garçon, désormais orphelin, se retrouve à la tête d’une fortune colossale. À présent, ses rêves les plus fous peuvent se réaliser. Mais Arthur n’a pas le cœur à sourire, car son papa et sa maman lui manquent énormément. L’enfant déambule, la mine triste, dans le manoir où les domestiques prennent bien soin de lui. Quelques jours avant le réveillon de Noël, le jeune Arthur a une idée lumineuse : puisque la présence des vivants ne lui plaît guère, il décide de convier des morts à sa table.

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Une jolie histoire qui se déroule durant les fêtes de fin d’année. Et pour une fois, c’est un auteur français qui nous la livre et avec le talent qu’on lui connaît déjà. Bertrand Santini, le papa du Yark – paru chez Grasset-Jeunesse – flirte cette fois du côté du macabre et nous livre avec « L’étrange réveillon » un conte gothique teinté de poésie. On respire dans les pages de ce livre le parfum qui se dégage des œuvres de Neil Gaiman et de Charles Dickens. Et c’est donc avec un plaisir non dissimulé que l’on suit le programme de cette veillée de Noël.

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Aux illustrations, Lionel Richerand – à qui l’on doit notamment le féerico-gothique Dans la forêt paru chez Soleil dans la collection Metamorphose – nous promène dans les couloirs sinistres de ce manoir lugubre et nous transporte avec un certain talent dans une époque victorienne imaginaire empreinte au gothique cher à Tim Burton. Les amateurs, entre autres, des Noces Funèbres ne seront pas dépaysés.

Gageons, qu’un beau jour, la postérité place cet étrange réveillon aux côtés d’Un chant de Noël de Charles Dickens. En tout cas, mon choix est déjà fait.

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1ère connexion 2014

Bonjour à toutes et à tous !
Je vous présente mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année qui débute. Qu’elle vous comble de bienfaits, vous apporte bonheur, santé et succès.
Le projet « Cher moi » étant quelque peu tombé dans l’oubli, ce blog m’est devenu, par la force des choses, quelque peu étranger. Je pensais retranscrire ici tous les aléas d’une vie d’un apprenti auteur et lorsque je vous mettais au parfum concernant un projet en cour, neuf fois sur dix, ledit projet mourrait dans l’œuf. Je pense que c’est surtout pour cette raison que je n’ai plus trop partagé de choses ici.

Je peux tout de même l’annoncer ici, maintenant que le bébé est sous presses, le 16 Janvier prochain sortira mon tout premier album pour enfants. Ce dernier, intitulé « Dans mon imagination », est publié chez Nats Editions. On y suit une petite fille qui, forte d’une imagination débordante, va se croire tour à tour un moustique scotché sur la vitre d’un avion, un ours polaire devant faire le ménage pour ses invités les manchots et tout un panel d’autres personnages aussi farfelus. Vous pouvez retrouver toutes les infos ici.

Pour le moment, je me défends d’écrire un texte plus long qu’une courte nouvelle. Je ne me sens pas encore assez mûr pour attaquer quelque chose d’une telle envergure. Le mot m’effraie déjà. ROMAN. Sans doute en raison des tas d’essais infructueux, de chapitres jetés à la corbeille ou par manque de temps et d’intérêt. Parce que, ce que l’on oublie lorsqu’on parle d’un roman, c’est ce que ce n’est pas l’affaire de quelques jours. Certains y arrive. Je ne suis pas de cette trempe d’écrivain. J’aime prendre mon temps.

C’est pourquoi, j’écris des textes pour enfants. Ce n’est pas une question de facilité. Les auteurs jeunesse opineront du chef en lisant cette phrase, car il est bien plus compliqué d’écrire lorsque le public visé est un enfant. Il faut aller à l’essentiel, ne pas s’encombrer de longs passages descriptifs – il n’y a pas la place et encore moins le temps -, tout doit aller assez vite tout en étant clair. Bref : un casse-tête. Mais écrire pour les enfants est, et ça n’engage que moi, quelque chose d’immédiat. Pas qu’il ne faille pas le retravailler après le premier jet, bien au contraire. Mais, ayant des enfants moi-même, je sais ce qui fonctionne tout de suite. Soit l’enfant est happé par l’histoire, soit il va vous interrompre toutes les cinq secondes pour vous demander je-ne-sais-quoi sur l’illustration ou sur le dernier mot que vous venez de lire.

Et puis, cela me permet de me fixer des objectifs à courts termes. Je ne dis pas que chaque histoire est géniale. Je garde dans d’obscurs fichiers, des dizaines d’histoires qui ne verront jamais le jour, car elles sont bancales, manquent de rythme ou ne mènent absolument nulle part. Je dis simplement que ces histoires-là me permettent de voir où j’en suis, la manière dont ma plume a changé, si j’ai réussi à apprendre de mes erreurs. Un baromètre infaillible, en quelque sorte.

J’espère qu’une autre de mes histoires verra le jour dans une nouvelle maison d’édition. J’espère que le miracle se reproduise à nouveau. Car c’est de cela qu’il est question après tout. Chaque fois que l’on achève une histoire – peu importe le format – c’est une partie de nous que l’on laisse sur le papier (ou sur une feuille Word dans ce cas précis). Et chaque fois que l’on en débute une autre, on repart de zéro. On pianote sur les touches de clavier en espérant que la magie va opérer à nouveau. Je crois que c’est Olivier Adam, au moment de la sortie de son dernier roman « Les Lisières », qui disait qu’il jouait sa peau chaque fois qu’un autre de ses livres était publié. C’est tout à fait vrai.

Pour mon banquier, je ne suis qu’un rigolo qui vit dans sa bulle. Je ne suis pas adulte parce que je n’ai pas de vrai métier et qu’écrivain – muahahahahahahahaha ! – c’est tout sauf un job. Les gens qui pensent ça ne savent rien de ce métier. Bien sûr, je ne peux qu’en parler à ma propre échelle, du bas du tout premier barreau. Mais, je connais tout de ce sentiment d’euphorie qui vous traverse lorsque vous terminez une histoire, lorsque – et je vais reprendre une citation du grand Neil Gaiman – « vous créez quelque chose qui, il y a encore une seconde, n’existait encore pas ».

Oui, je connais ce sentiment.

En attendant, portez-vous et laissez trainez vos yeux et vos oreilles.

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