Archives de Catégorie: Atelier d’écriture

Last but not least…

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Voici le dernier texte que je posterais sur l’atelier d’écriture. Pour cette dernière production, nous sommes partis d’un texte de Virginia Woolf intitulé « Lundi ou Mardi ». Dans sa nouvelle, Woolf décrit un paysage en partant d’un oiseau puis bifurque sur les nuages avant de redescendre sur la ville. Entre chaque phase descriptive, elle inclue des paragraphes liés à l’écriture, à sa condition d’écrivain et se questionne par rapport à la véracité des faits, des choses qu’elle décrit ; assez majestueusement d’ailleurs.

Olivier nous avait donc demandé de nous inspirer du texte de Virginia Woolf pour décrire un endroit de notre choix, mais toujours lié à la Lorraine. Je dois avouer que ce dernier exercice est tombé quelque chose comme trois quart d’heure avant la fin de la session et qu’avec le Salon du Livre derrière moi, j’étais sur les genoux. J’ai eu un mal fou à rentrer dans l’exercice. Je m’y suis mis bon gré, mal gré. Et ça a donné ceci :

« Place du marché »

Les terrasses esseulées s’étendent sur la place que les pigeons roucoulants recouvrent sans se soucier de ce qui les entoure. Les tables sont remisées, les chaises empilées. Le jour va se lever et avec lui va débuter le ballet des livreurs matinaux. Le toit des bâtiments se dressent comme des flèches acérées pointées en direction d’un ciel toujours en sommeil.

Écrire. Écrire. Écrire encore sur ce lieu tiré d’un souvenir. Tenter de reconstruire cet endroit dans mon imaginaire. Y placer des immeubles et des commerces et les relier par un système de rue pavée. Voilà. Tout commence à prendre forme. Tout prend vie à la lisière de ma plume.

Le bruit des camions qui remontent la rue. La devanture des échoppes qui ouvrent une à une. Les badauds qui déambulent pas totalement sortis de leur lit, l’esprit toujours un peu embrumé. Un baiser mouillé qui claque sur une joue flétrie donné par un enfant qui rencontre sa grand-mère sur le chemin de l’école.

Et de toujours rapporter, inventer, créer des évènements qui pourraient être mais ne sont pas ou ne sont pas encore. S’appliquer à exhumer des fantômes pas encore nés et les étirer sur la feuille comme du beurre sur une tartine. Et pouvoir pénétrer dans ces colonnes de pierre trouées de larges fenêtres. Décrire le quotidien de personnes évoluant dans cet espace fictionnel et essayer de se mettre à leur place, d’enfiler leur peau comme on le ferait avec un gant.

Un déjeuner prit à l’intérieur alors que le soleil cogne. Les couverts qui tombent au fond des assiettes. Des rires qui s’élèvent après une plaisanterie graveleuse. (— Reste près de moi ! — Combien pour ce sac ? — Rien qui dépasse.) Les bars qui se remplissent. Un rendez-vous amoureux qui débute par le retard de l’un des amants. De la fumée expirée par une bouche gourmande et peinte en rouge. Le soleil qui disparaît dans le dos des édifices et la vie qui se joue sous le regard malicieux du cosmos.

Est-ce que cela a un sens ? Donner corps à des choses qui n’en ont pas. N’est-ce pas égoïste de les emprisonner ici dans cet océan de papier blanc ? Et s’ils décidaient d’en sortir ? Et si ils leur prenaient le goût de s’en prendre à celui qui tient la plume ? Effacer. Tout reprendre de zéro. Une nouvelle vision. Un regard neuf.

La nuit tombe sur les terrasses esseulées que les pigeons viendront couver très bientôt.

J’ai décrit cette place, qui est en photo au tout début de l’article, mais pas dans les moindres détails. Cette une vision assez sommaire. Qu’en dîtes-vous mes p’tits lapins ? Allez, à une prochaine 🙂 Et bonnes fêtes de Pâques !

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All you need is love…again

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Second texte de la dernière session de l’atelier d’écriture organisée par le N.E.S.T. et animée par Olivier Chapuis. Et dans celui-ci, il est également question d’amour. Comme toute activité au sein de l’atelier, nous sommes partis de la lecture d’un texte. Dans le cas présent, il s’agit d’un extrait d’une pièce de la dramaturge britannique, Sarah Kane, et dont le titre est « Manque ». Pièce que j’ai vu au Théâtre en bois en compagnie d’Olivier et de quelques camarades de l’atelier. Une pièce assez déconcertante mais qui ne peut laisser indifférent. Quatre personnages parlent, se croisent, se répondent parfois pour mieux s’éloigner ensuite. Quatre personnages qui se parlent à eux-mêmes. Quatre monologues qui, par endroits, se croisent, se heurtent et s’éloignent comme après une étreinte amoureuse furtive. Le texte que nous avons lu et le monologue d’un des quatre protagonistes de la pièce. Une des seules répliques qui soient longues. Une sorte de déclaration d’amour.

Pour cette activité, Olivier nous avait demandé, comme de coutume, de partir du texte de Sarah Kane, et de s’en inspirer pour écrire une déclaration d’amour que ferait Anna ou Ludo. Pour localiser la scène, après le solstice d’été, le 21 juin, Anna et Ludo se retrouvent au milieu de la foule et expriment leur nouvel amour. La particularité du monologue de Sarah Kane est qu’il n’y a aucune ponctuation ou très peu. Il s’agit d’une seule phrase qui s’étire encore et encore mais qui brasse énormément d’images et de sensations à la fois. Une autre contrainte d’écriture était d’insuffler du trivial dans cette déclaration, d’y mettre un peu de folie qui exprimerait la passion de celui qui déclare sa femme. Et nous devions terminer par la phrase « Il faut que ça cesse ». Mon texte a pour titre « Passion exclusive ».

Je veux te serrer tout contre moi lorsque les autres hommes te dévisagent et te mâchouiller une mèche de cheveux et te mettre le doigt dans l’œil rien que pour pouvoir te câliner et prendre ces mêmes hommes en témoin lorsque je tomberai à tes genoux, transpercé par ta beauté et danser, danser et danser jusqu’à ce que tu vomisses sur ta robe neuve et hors de prix que tu t’aies offerte parce que tu pensais que je ne t’aimais plus et te regarder t’excuser alors que tout est de ma faute et t’embrasser sur le front, les yeux, les joues et les lèvres et avoir le goût de ton vomi dans la bouche et ne pas en être dégoûté car c’est le tien et observer les étoiles alors que la nuit est brûlante et sentir sous mes doigts ton corps consumé par le désir et t’étreindre avec force au milieu de la foule et te quitter un instant pour te rapporter un rafraîchissement et ne plus te retrouver dans cette marée humaine et avoir le cœur qui pèle et s’écaille alors que ton visage disparaît de ma mémoire et t’apercevoir au loin, discutant avec un inconnu et t’arracher à lui comme on arrache une dent et te faire t’éloigner pendant que je lui casse la tête et s’enfuir loin de tout, loin du monde et ne plus pouvoir dire un seul mot tant cela pourrait être superflu et vouloir te dévorer le cœur pour te contenir toujours en moi et t’enlacer avec amour pour élever une barrière et n’être plus que tous les deux et saisir tes poignets et te dire à quel point je les trouve minuscules et te faire ouvrir la bouche pour y compter ce que j’y vois et me rendre compte que je ne te connaissais pas lorsque tes dents de lait sont tombées et penser à tout ce temps où j’ai vécu sans toi et te demander le prénom de ton premier amour et apprendre enfin à te connaître, moi, qui en fin de compte te connais si mal et t’observer pendant que tu te ronges les ongles et garder les rognures dans ma poche comme tes trophées ou des amulettes et boire tes larmes qui coulent de tes yeux humides et te dire « je t’aime » pour la toute première fois et ne plus pouvoir vivre sans toi car vivre sans toi serait mourir à petit feu et n’être plus que douleur et… Il faut que ça cesse, il faut que ça cesse…

Après avoir lu mon texte aux autres participants de l’atelier, l’idée directrice qui en est ressortie était la jalousie. Mon texte est emprunt d’une jalousie quasi-maladive. Et pendant que j’écrivais, ce n’était pas dans ce sens que j’allais. Curieux comme parfois notre cœur glisse jusqu’à notre plume. Allez, à bientôt les p’tits lapins 🙂

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All you need is love

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Cette troisième et dernière session au sein de l’atelier d’écriture s’est ouverte sur la lecture d’un texte de René de Obaldia intitulé « Douleur quantitative » dont je vous propose un extrait ici :

« Tant de portes à ouvrir, à fermer. Tant de lits à faire, à défaire. Tant d’escaliers à monter, à descendre. Tant de vaisselles à laver, à essuyer. Tant de linge à blanchir, à noircir. Tant de poignées de mains à distribuer. Tant de lettres à écrire. Tant de paroles à prononcer. Tant de bibis à bébés et de bébés à bobos. Tant de dadas au dodo et de dodos à dada. Tant de tout et si peu de quelque chose. Tant de choses et si peu de quelque tout. Tant de tant et si peu de si peu qu’il y a là de quoi décourager le meilleur, de quoi aller planter sa tente dans le désert. 

Mais tant et tant de grains de sable… »

La première activité consistait à s’inspirer de la manière de procéder de Obaldia et essayer d’insuffler le même élan au cœur du spectacle « Rivière Song » pour ainsi dresser la liste des douleurs des deux protagonistes : Anna et Ludo. Alors qu’Obaldia s’appuie sur des gestes du quotidien, nous devions, nous, auteurs, tenter de décrire des scènes de la vie quotidienne des deux personnages, dans leur vie à eux, au sein de leur couple.

Dans un second temps, il fallait essayer de contrebalancer tout ça, et voir les choses d’un côté plus optimiste et donc donner au texte une sorte de crescendo : allant du négatif vers le positif. Une bifurcation radical dans la narration instauré par la locution « Mais tant et tant… »

Je vous propose ici ma version de l’exercice :

« Elle »

 Tant de réveils dans notre grand lit froid où ton absence se fait sentir. Tant de cafés pris, seule, dans cette cuisine silencieuse. Tant de matinées passées dans le parc où tu ne m’accompagnes plus. Tant de clichés pris fugacement où tu n’apparais plus. Tant de coups de téléphone qui ne me parviennent pas et dont tu ne t’excuses même plus.

Mais tant et tant de ton odeur que qui flotte dans l’appartement et qui m’enivre à chaque inspiration. Tant de désordre que tu laisses dans ton sillage, de dossiers que tu oublies sur la table du salon et qui me ramènent toujours à toi. Tant de lieux où je déambule et que ton spectre hante encore. Tant de couples maladroits aperçus dans la rue et qui me rappellent nos premiers émois. Tant de moi en toi et de toi en moi et même si tu ne le vois plus.

« Lui »

 Tant de diners où je te traîne et auquel je m’ennuie. Tant de vacances planifiées à l’avance où je n’ai déjà plus envie d’aller. Tant d’allers et retours dans ces endroits où tu me traînes et qui ne me font aucune envie. Tant d’épices que tu mets dans des plats que je ne goûte qu’à moitié. Tant de fois où je songe que des enfants seraient de trop entre nous.

Mais tant et tant de sourires que tu m’adresses et qui m’étreignent le cœur. Tant de mots laissés sur le frigidaire et que tu ornes de petites dessins rigolos. Tant de baisers que tu déposes sur le miroir de la salle de bains et qui apparaissent lorsque j’ouvre le robinet d’eau chaude. Tant de femmes que je côtoie tous les jours et qui ne peuvent se mesurer à toi. Tant de toi dans ce monde dont je mesure toute la splendeur.

Le prochain post sera, lui aussi, emprunt d’amour…

A bientôt, les p’tits lapins 🙂

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Oh, tiens une péniche !

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Nouveau texte tiré de l’atelier d’écriture où Olivier nous a demandé de prendre le point de vue d’Anna et Ludo – les deux personnages de « Rivière Song » – et d’écrire deux textes en rapports avec chacun. Le premier étant une bénédiction et le second une imprécation. Les caractères très opposés des deux personnages s’y prêtent assez bien. Mais comme l’exercice lui semblait trop simple, Olivier a eu l’idée de faire intervenir les fameuses péniches qui circulent sur le Moselle ; que notre camarade Pierre Stolze, auteur de science-fiction mais pas seulement, a compilé durant des semaines du haut de son appartement. Des péniches qui ont souvent des noms assez étranges : prénom féminin, mots en latins, noms de planète etc.

Pour recadrer le tout, ce texte survient donc à l’arrivée d’Anna et Ludo en Moselle. Lui ne supporte plus ce qu’il voit tandis qu’Anna est émerveillée par ce qu’elle découvre . Comme à mon habitude, j’ai versé dans l’imaginaire.

Ode aux étoiles (Anna)

« Ô toi, Galactica, navire à la coque brillante qui vogue sur la Moselle, puisses-tu t’arracher à l’attraction terrestre et emprunter la voie des cieux. Que ton voyage parmi les étoiles te conduisent jusqu’à Carpathia, Aspasia et Caricia, tes sœurs cosmiques. Et qu’ensemble, vous partiez en quête de Mira Quattro, celle qui garde en son sein le feu du cosmos. Mes prières vont à l’univers. J’appelle de tous mes vœux ces carcasses de métal en perdition autour de la Terre. Qu’elles aussi se joignent au grand ballet et que Masora et Matthiola, les accompagnent dans leur course folle. Que Tyda-Kyra, la bienveillante, vous ait en sa sainte garde et que Luma, l’éclatante, vous éclaire de ses rayons bienfaiteurs. Lorsque le feu sacré retournera enfin sur Terre, il embrasera le ciel et la mer. Et c’est à cet instant, dans cette épiphanie galactique, que le jour brillera de nouveau et que les oubliés afflueront. Ô vous, Jabo, Keno et Libero, faites retentir votre voix par-delà l’écluse comme si du ciel on sonnait l’angélus. »

Courroux de métal (Ludo)

 « Je fais fi du passé et jette le discrédit sur cette contrée. Maudis sois-tu, Curata, toi qui apportes les badauds et les estivants. Puisses-tu t’ouvrir en deux et avaler ces fous dans ta gueule métallique. J’appelle aux forces impies de ce monde ! J’appelle Navata, la fourbe, qui couve sous les flots, navire carnassier prêt à mordre. Que la peste et la tourmente s’abattent sur Fidus, Vector et Victus, vous les nids à touristes, vous les coques rutilantes qui paradaient au beau jour. Que vos passagers se jettent dans le fleuve et sombrent dans les eaux vaseuses, leurs âmes damnées pour l’éternité. Que la malédiction émerge des flots et que reviennent les légions maléfiques des cercles infernaux. Qu’apparaissent Phocea, Maasvellei et Novamente. Que leurs longues tentacules de fer rouillé s’abattent sur les rives, qu’elles arrachent et détruisent cette beauté abjecte que l’on me crache au visage. Patience mes doux agneaux. Craignez le retour du démon mécanique, de la divinité démonique. Craignez la venue de Sipisto à la robe souillée et à la sirène éraillée. Et si son courroux venait à vous épargner, sachez que Sulamaro se tapit sous la surface et que sa hargne et sa fureur n’ont aucun égal. »

Les autres textes arrivent. Il m’en reste deux encore à mettre en ligne avant de taper les autres. Donc, patience les p’tits lapins 🙂

Et merci Sylvain de lire si assidûment les pages de mon blog ^^.

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Ci-gît l’homme de fer

L'Homme de fer

Alors que je reviens du Salon du Livre de Paris 2013, j’enchaîne directement sur la dernière session de l’atelier d’écriture théâtral. Nous avons également écrit beaucoup de textes durant ce week-end, mais il me semble que je ne vous avais pas fait totalement part des textes de la session précédente. Et je vais corriger cette erreur tout de suite.

Toujours pour tenter de coller au spectacle « Rivière Song », l’activité choisie par Olivier consistait à faire parler un lieu ou un évènement lié(e) à la Lorraine. Le lieu ou l’évènement parle à l’un des protagonistes du spectacle, à savoir Anna, qui est photographe mais possède aussi des talents de médium. Comment ne pas glisser dans l’imaginaire, le fantastique ? Avec cet atelier, je me suis rendu compte que deux facettes coexistent en moi : une qui se rattache au quotidien, à ces petites choses disséminées tous les jours, ces moments volés à notre vie et de l’autre il y a cette vision fantasmagorique, cet élan imaginatif qui me cueille et m’emporte avec lui sans que je puisse le retenir.

Étant petit fils de mineurs, il m’était impossible de ne pas évoquer ce passé lié à l’extraction du minerait ; qu’il soit de fer ou de charbon. Et j’ai eu l’idée d’une sorte de créature… Ma foi, lisez-le vous-même. L’activité a pour titre : Les fantômes d’Anna.

« Ci-gît l’homme de fer qui a toujours préféré la fraîcheur du sous-sol. Vois comme je suis dur et froid. Vois les cratères et les crevasses qui constellent et meurtrissent mon corps tout entier. Je suis ce qui aurait dû rester sous terre mais qui a été mis au jour par profit.
Ci-gît l’homme de fer qui a toujours préféré la fraîcheur du sous-sol. Vois comme la folie cupide des Hommes a changé le paysage, l’a marqué, stigmatisé pour toujours. Je suis la voix de tous ceux qui ont disparus dans ces galeries, ces boyaux rocailleux creusés dans le cœur du monde.
Ci-gît l’homme de fer qui a toujours préféré la fraîcheur du sous-sol. Vois comme le minerai a enrichit les notables et a contribué à amoindrir, à user les braves gens jusqu’à l’os. Je suis la mort qui rôde lorsque les richesses s’en sont allées, lorsque l’espoir d’un jour nouveau s’est flétri.
Ci-gît l’homme de fer qui a toujours préféré la fraîcheur du sous-sol. Vois par mes yeux car eux seuls connaissent la vérité. Je suis le témoin d’une ère révolue que l’avenir oubliera bien vite lorsque les monuments souvenirs seront érigés en masse, dénaturant encore davantage cette région suppliciée.
Ci-gît l’homme de fer qui a toujours préféré la fraîcheur du sous-sol. Vois comme ton regard porte loin. Vois comme il perce les voiles de l’ignorance que tous ici arborent pour tenter de m’oublier, moi ! Car contrairement aux vivants, les morts ont de la mémoire.
Ci-gît l’homme de fer qui aurait préféré qu’on le laisse sous terre. »

Pour corser un peu l’exercice, Olivier nous avait demandé de conclure notre texte par une sorte d’épitaphe. Pour bien faire comprendre au lecteur – ou au futur spectateur du spectacle – que c’est un spectre qui s’adresse à Anne. Pour ma part, cette épitaphe est devenu un motif que j’ai répété tout au long du texte comme pour ponctuer chaque nouvelle phrase, chaque nouvelle tirade de cette créature en pierre.

Les autres textes vont suivre. Juste le temps de les mettre en ordre. À plus tard les p’tits lapins 🙂

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Tout est à vendre

Ce post fait suite à « la liste des choses qui ne parlent qu’à moi« . Participant à un atelier d’écriture théâtral, il était tout naturel de se mettre à créer du théâtre et donc des dialogues. Pour l’activité qui a suivi la liste, Olivier nous avait demandés d’écrire un monologue où le personnage du spectacle, Ludo, cherchait à vendre tous les éléments de la liste que l’on avait choisi. Donc essayer de trouver un moyen de vendre des choses qui n’étaient pas vraiment physiques mais qui relevaient plus de l’émotion, de la sensation. Pour cela, il fallait trouver des termes empruntés à l’économie ou au domaine de la vente ; domaine où je ne suis absolument pas expert. Mais bon, je suis écrivain, et mon boulot est d’imaginer, de créer. Ce que je me suis empressé de faire et ça a donné ceci :

« Pardon ? Mais bien sûr ma bonne dame : je vends tout ! Tout ici doit disparaître ! Tout ici doit disparaître et votre prix sera le mien. Par exemple, combien me donneriez-vous pour avoir le souvenir du « doux cliquetis que produisent les touches du clavier lorsqu’on se met à écrire » ? Non, non. Ne vous précipitez pas. Ne me dîtes rien tout de suite. Prenez le temps de réfléchir.

Comment ? Tout à fait mon bon monsieur. Je ne veux plus rien voir ici car je vends tout ! Qu’est-ce qui vous ferait plaisir ? Laissez-moi deviner… Pour vous, je verrais bien « l’apparente tranquillité qui se dégage d’un enfant endormi sur le sofa au beau milieu de l’après-midi. » Alors ? J’ai vu juste ? Non, non. Ne partez pas. Un instant, je vous prie. Ho ! C’est très clair. « Éteindre la télévision au moment du bulletin d’information car les nouvelles sont trop mauvaises. » Ou les deux peut-être…

Vous dans ce fauteuil ! Non, de l’acajou jeune homme. Un cadeau de mon grand-père. Il me racontait qu’il aimait s’y appesantir, un bon roman à la main et que brusquement l’idée lui venait qu’il ne pouvait être mieux ailleurs. Voudriez-vous vous offrir ce souvenir ? Et en plus, il est à moitié prix. Une occasion pareille ne se présente jamais deux fois dans une vie.

Tout ! Je dis bien tout ! Tout ici doit disparaître !

Qui ici serait tenté par la sensation pétillante que procure « un verre de soda bien frais posé sur la table du salon alors qu’il fait chaud dehors » ? Ou qui encore « aimerait avoir le temps de prendre son temps » ?

Je vois que vous lorgnez insidieusement sur cet article cher ami. Sachez que l’effleurer, tout simplement, suffirait à vous « imaginer un monde meilleur mais sans y parvenir ». Pour cela, rien de plus facile : glissez quelques pièces dans la poche de ma veste et l’affaire sera conclue. Je répète que tout, absolument tout est à vendre. Je me sépare de tout et ne veut plus rien voir qui encombre encore cette maison. Oui, elle était à vendre il y a peu mais un acheteur s’est montré très intéressé et m’en a promis une somme plutôt rondelette.

Et vous, madame. Vous êtes du genre à prendre le bus, n’est-ce pas ? Et bien pour une somme quasi-modique vous pouvez acquérir le souvenir d’un « homme vous désirant en secret. » Oui, oui ! Vous avez bien entendu. Mais chut ! Cette offre ne s’applique qu’à vous alors faîtes vite.

Vous qui êtes à l’écoute de cette maison étouffée par le silence, vous « cherchez à savoir où est passé le bruit. » J’ai ce qu’il vous faut ! Comment ? Évidemment, tout est à vendre.

Oui ? « Des sirènes qui hurlent au loin alors qu’on est à l’abri, chez soi « ? Mais pour qui me prenez-vous ? Un vendeur de seconde zone ? Je vends de tout, certes, mais de la qualité. Ceci dit, vous n’auriez pas vu « une empreinte de doigt laissé une vitre sale » par hasard ? »

Voilà, les p’tits lapins. Le prochain post concernant l’atelier d’écriture se rapprochera plus de l’imaginaire, promis. Bonne journée et bonne lecture 😀

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La liste des choses qui ne parlent qu’à moi

Pour le second week-end de l’atelier d’écriture auquel je participe – et qui se termine à la fin du mois de mars, ooooorgh !!!!! – la première activité qu’Olivier nous a proposé était de dresser une liste de ce que l’on aimait, que l’on détestait, qui nous dégoutait, etc. Au départ, je n’ai pas su quoi faire de cet « inventaire futile ». Je ne savais pas par quoi commencer ni quoi raconter. Et puis, comme tout ou presque nous vient du néant, la liste à commencer ainsi :
Le doux cliquetis des touches du clavier lorsqu’on se met à écrire.

Je tenais quelque chose. J’avais mis le doigt dans l’engrenage. Et ça a donné ceci :

1) Le doux cliquetis des touches du clavier lorsqu’on se met à écrire.
2) L’apparente tranquillité qui se dégage d’un enfant endormi sur le sofa au beau milieu de l’après-midi.
3) Éteindre la télévision au moment du bulletin d’information car les nouvelles sont trop mauvaises.
4) S’appesantir dans un fauteuil, un bon roman à la main et penser que l’on ne pourrait être mieux ailleurs.
5) Un verre de soda bien frais qui pétille sur la table du salon alors qu’il fait très chaud dehors.
6) Avoir le temps de prendre son temps.
7) Imaginer un monde meilleur et ne pas y parvenir.
8) Être à l’écoute d’une maison silencieuse et chercher à savoir où est passé le bruit.
9) Une femme qui attend le bus et se demande si quelqu’un la désire en secret.
10) Des sirènes qui hurlent au loin alors que l’on est à l’abri, chez soi.
11) Trouver une empreinte de doigt sur un carreau très sale et découvrir à qui elle appartient.

Bien sûr, comme vous vous en doutez, cette liste n’a été que le point de départ d’un texte qui nous a lentement fait glisser vers quelque chose de plus théâtral. Mais ce sera l’occasion d’un autre post sur mon blog.
Allez, j’vous dis à tantôt les p’tits lapins 🙂

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