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La madeleine d’Alan

La coiffe de naissance

Texte : Alan Moore
Dessin : Eddie Campbell
Éditeur : Ça et Là
Parution : mercredi 24 avril 2013
Format : 16×25 cm, relié, couverture simili cuir avec jaquette
56 pages N&B
Prix de vente : 20 euros

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La coiffe de naissance est une œuvre un peu à part. Elle tranche avec les précédentes productions de Moore qui nous avait habitués à des romans graphiques assez conséquent : Swamp Thing, From Hell, Watchmen, V pour Vendetta. Et pour cause puisqu’il ne s’agit pas d’un comics.

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Quelques années après avoir collaboré sur le controversé From Hell, Eddie Campbell rend visite à Moore. Ce dernier lui fait écouter un spectacle enregistré au vieux tribunal de Newcastle en 1995 : La coiffe de naissance. Subjugué par la voix autant que par la beauté du texte, Campbell est assaillit d’images. Et une idée germe dans son esprit : pourquoi ne pas en faire une bande-dessinée ?

Mais avant toute chose, de quoi ça parle ? La coiffe de naissance est une membrane fœtale  translucide que l’on retrouve parfois sur la tête des nouveau-nés. Je n’en avais jamais entendu parler, mais ça sert à ça aussi les bds : à nous apprendre des choses !

C’est en fouillant dans les affaires de sa mère mourante que Moore découvre cette coiffe. Et ce morceau de tissu organique devient alors pour lui une sorte de madeleine de Proust. Un moyen de remonter dans le temps, de prendre la vie à rebours. Moore nous parle de lui-même (pour la toute première fois !), mais également de la société britannique du XIX et XXème siècle.

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Le texte est sublime. Il serait vain d’en résumé le contenu dans cet article. Un seul conseil : il faut absolument le lire ! Au crayon, on retrouve Eddie Campbell. Celui à qui l’on doit les magnifiques illustrations de From Hell. Graphiquement, son style se rapproche des impressionnistes. Il y a même parfois de vrais photographies parfaitement incrustées au milieu des dessins et ça donne l’idée d’une sorte de manuel scolaire, comme si on était supposé retenir quelque chose de notre lecture.

En tout cas, on ne referme pas La coiffe de naissance avec ce sentiment de vide. Le monde nous paraît, en tout cas ce fut le cas pour moi, peut-être un peu plus lumineux, comme si Moore nous avait montré du doigt une vérité essentielle. Comme si, d’une certaine façon, nous venions de retirer notre coiffe de naissance.

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Steam-fu méca-fighting !

SteamWest de Frédéric Pham Chuong (FPC)

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Scénario : FPC
Dessin : FPC
Relié: 64 pages
Editeur : Kotoji Editions (1 février 2013)
Langue : Français
Dimensions du produit: 24,4 x 17,6 x 1 cm

SteamWest c’est tout d’abord une BD numérique publiée par WEBellipses en 2011 puis éditée en format papier par Kotoji Editions deux ans plus tard. Fred a débuté chez Aelement Comics où il a travaillé sur Comixheroes Universe et c’est à lui que l’on doit « Golden Stars ».

SteamWest c’est un mélange de western, steampunk et de kung-fu. On y suit les aventures d’un robot chasseur de primes qui officie en secret pour Abraham Lincoln et dont la mine patibulaire nous fait irrémédiablement penser à une sorte de Hellboy boulonné. L’action est très présente. Les personnages sont résolument charismatiques et font échos à ces figures de la pop-culture qui ont bercés notre enfant. Je pense notamment à Bruce Lee, Clint Eastwood pour ne citer que ceux-là.

Graphiquement, on sent que FPC se cherche encore mais sa « patte » est déjà bien présente : influencé par les plans cadrés façon manga, figeant les personnages dans des postures et des actions héroïques.

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En ce qui concerne l’intrigue, même si elle ne révolutionne pas le genre, on la suit avec intérêt. On tourne les pages sans pouvoir s’arrêter, espérant chaque fois que l’auteur nous dévoile enfin l’origine de ce fameux justicier mécanique. Une fin ouverte laisse entrevoir un second tome des aventures de SteamWest. Info qui m’a été confirmée par FPC en personne lors du fesitval de Bd Le Rayon Vert qui s’est tenu les 4 et 5 mai 2013 à Volkrange. D’ailleurs, je suis revenu avec un exemplaire dédicacé.

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Pour conclure, SteamWest est une première œuvre pleine de promesses et FPC un artiste de talent qu’il faudra suivre avec attention.

Vous pouvez suivre son actualité ici : http://leblogdefpc.blogspot.fr/

À tout bientôt les p’tits lapins 🙂

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Bark at the moon

Wolf-Man Tome 1

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Scenario : Robert Kirkman
Dessin : Jason Howard
Album: 160 pages
Editeur : Glénat (18 avril 2012)
Collection : Glénat comics
Langue : Français
Dimensions du produit: 26 x 16,8 x 1,8 cm

Avant d’entamer l’histoire à proprement parlé, il faut tout d’abord préciser une chose. Contrairement à son précédent chef-d’œuvre, ce comics n’est pas du fait de Kirkman ; enfin, pas tout à fait.

Pour une fois, ce n’est pas le scénariste qui est allé chercher l’illustrateur mais bel et bien le contraire. Les deux hommes se rencontrent à une convention de comics aux États-Unis. Howard soumet une illustration au maestro et la magie opère. Kirkman est subjugué par le talent du jeune homme et l’idée d’une collaboration se profile bientôt à l’horizon.

Après avoir dépoussiéré le mythe des morts-vivants avec The Walking Dead et celui des super-héros avec Invincible, Kirkman s’en prend cette fois… aux loups-garous. Wolf-Man, kézako ? C’est l’histoire d’un homme, Gary Hampton, brillant homme d’affaires et père de famille qui, après avoir été sauvagement mordu par une bête, se rend compte qu’il possède la faculté de se changer en vilaine bestiole poilue et assoiffée de sang.

On est prit dans l’histoire dès les premières pages. Alors que l’on pourrait penser, à tort, que la vie de ce pauvre Gary va nous être présenté avant et après l’incident : il n’en est rien. Les premières planches montrent le héros, baignant dans son sang, fraîchement attaqué, sa femme éplorée à ses côtés. Et puis tout s’enchaîne assez rapidement. Les coups de théâtre se succèdent. Le sang gicle et les sauts dans les airs se multiplient. Les situations s’établissent le temps d’un chapitre pour mieux se déliter complètement dans le suivant.

Alors que son entreprise est au plus mal, Gary décide de mettre à profit sa toute nouvelle nature. Il sillonne la ville, bondissant de toit en toit et porte secours à ses concitoyens. Secondé par un vampire du nom de Zechariah, il va tenter de dompter la bête qui est en lui et devient : Wolf-Man. De monstre poilu, il devient super-héros.

Dans ce comics, Kirman mêle habilement les soucis du quotidien et les préoccupations d’un homme lambda devenu un être supra-naturel qui tente de garder le contrôle tout en prenant soin de sa famille. Un drame qui prend vie grâce au trait de crayon anguleux d’Howard. Signature que l’on retrouve aussi bien dans sa manière de nous présenter les personnages que dans les lieux où se déroule l’intrigue et qu’il dépeint à la perfection.

Sans vous gâcher la fin, ce premier volume de Wolf-Man se termine exactement de la même manière qu’il a commencé : dans un bain de sang. Et il est impossible de refermer le livre sans ressentir le besoin d’ouvrir le second. Ce que je vais m’empresser de faire d’ici peu.

À tout bientôt les p’tits lapins 🙂

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