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Être un tremblement de terre… pas facile tous les jours !

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Avec sa tête placardée partout dans la ville où il réside, le petit garçon du livre de Martin Page, « Je suis un tremblement de terre » est sacrément embêté. Imaginez : il déclenche des secousses sismiques, fait apparaître des lézardes au plafond, fissure les maisons et déracine des arbres sans s’en rendre compte.

Ce livre m’a été suggéré par Olivier Chapuis, l’auteur qui a animé l’atelier d’écriture. Je lui avais parlé de mon envie d’écrire un roman jeunesse, un peu plus long que celui consacré au croque-mitaine et le nom de Martin Page s’est immiscé dans la conversation. Petite visite rapide sur Amazon et quelques jours plus tard, je recevais un exemplaire de cet auteur dans ma boîte aux lettres.

Première impression. L’écriture est fluide, soignée. Le récit avance rapidement. Les chapitres sont courts et les rebondissements ne manquent pas. Le dénouement est tout simplement abracadabrantesque, mais je n’en dirais pas plus ici. Lisez ce livre car c’est un véritable régal. Autre point important : la poésie. La prose de Martin Page est teintée de fantastique, nimbée d’un onirisme auquel je fais parfois appel dans mes propres histoires. Je me suis donc reconnu dans cette manière d’imbriquer le merveilleux dans la vie de tous les jours.

Le moment que j’ai préféré dans ce livre ? La manière de faire disparaître les parents du petit garçon dans un bombardement alors qu’ils travaillent dans une usine de bonbons et que leurs corps se changent instantanément en statues de sucre.

J’ai été soufflé par cet auteur que je ne connaissais pas ; à mon grand regret. J’ai réparé mon erreur et je puis affirmé que Martin Page fait partie de ces auteurs français à surveiller de très près.

Sur ce, à plus tard les p’tits lapins.

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Le zoo des chimères

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C’est au détour d’une visite au festival Trolls et Légendes que je suis revenu avec un livre des Éditions Argemmios. Le « Zoo des chimères » de Chantal Robillard. Et je dois dire que j’ai été surpris.

Le livre raconte, comme vous pouvez vous en doutez, l’histoire d’un zoo. Mais un zoo pas comme les autres. Sinon, ça ne serait pas si intéressant. Ce zoo est assez particuliers. D’une part parce qu’il ne se trouve pas sur Terre. Ce qui en fait déjà quelque chose d’exceptionnel. Et d’autre part, car ce zoo est peuplé d’une myriade de créatures toutes plus féeriques les unes que les autres. Pour couronner le tout, le zoo en question a été dévasté par une catastrophe et les animaux qui y séjournent sont mélangés, les enclos sont détruits, l’installation est défectueuse et chaque jour qui passe, un nouveau problème survient.

Voilà pour ce qui est de ce qu’on appelle le « pitch » du livre. Maintenant, reste à savoir comment ce livre est écrit. Car un livre n’a sa vie propre qu’une fois qu’il a trouvé sa voix : le moyen qu’à trouvé l’auteur pour nous conter cette mésaventure. Et là également, je dois avouer que Chantal Robillard fait des merveilles. Le texte est magnifiquement bien écrit, ça c’est certain, mais il y a écrire et écrire. L’auteur ici se lance des petits défis. Comme par exemple, « Le Blues de la belle boudeuse » qui, on nous l’explique à la fin du livre, est un tautogramme en b. Dans ce texte, tous les mots commencent par la lettre b. Impossible ? Lisez le texte et vous en resterez bouche bée. Ou encore « Le maraudeur aux yeux jaunes » qui est une variation d’abécédaire tautogrammique. Traduit ça donne : chaque début de phrase commence par une lettre de l’alphabet. Le premier mot de la première phrase commence par la lettre a, dans la seconde phrase par la lettre b, etc.

Petit bémol, à la lecture, le livre donne un ensemble de nouvelles courtes plutôt hétéroclites – de part la manière dont ils ont été rédigés déjà – mais donne aussi une impression de confusion. Il faut essayer de recoller chaque histoires les unes aux autres pour tenter de trouver une cohérence dans le livre qui ne saute pas tout de suite aux yeux. On joue à un puzzle en fin de compte. On reconstitue cette histoire rocambolesque de zoo sur une autre planète ; non, je ne vous dirais pas où il se trouve, à vous de le trouver en lisant le livre.

En tout cas, il y a tout de même un fil conducteur. Un ensemble de textes ayant pour titre « Le cœur de Nino ». On y suit les aventures d’un neutrino qui voyage dans l’espace et vient inexorablement voir ce qui se passe dans ce fameux zoo aux chimères qui rencontre des tas de problèmes.

Au final, j’ai passé un très bon moment avec ce livre qui se lit très vite. Donc pour les réfractaires des gros pavés, je vous rassure tout de suite, ça n’en est pas un. Chaque chapitres se lit avec délectation tant la plume de Chantal Robillard a la capacité de nous transporter à la faveur de sa poésie des mots. Je ne peux donc que vous conseillez la lecture du « Zoo des chimères ».

À plus tard, les p’tits lapins.

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Tout commence comme dans un bon vieux western

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Tout commence comme dans un bon vieux western : un soleil de plomb s’abat sur une grande pleine verdoyante, les ennemis se toisent d’un côté et de l’autre d’une crête. Présentement, il s’agit d’un détachement de Tuniques Bleues qui tente de repousser une poignée de guerriers indiens. À la lecture, on sent que ça va se régler à grands coups de flèches et de fusils. Classique. Les corps criblés de balles et les scalps ensanglantés ne sont pas loin… et puis tout bascule. Alors que les Nordistes sont quasi-certains de leur victoire, un allié inconnu est venu prêter mains fortes aux Indiens. Une imposante silhouette à quatre bras se dresse au-dessus de la crête bientôt suivit par une dizaine d’autres. Et le carnage commence.

Voilà comment débute « Celui qui bave et qui glougloute » de Roland C. Wagner. Le fourbe qui a dit que le steampunk ne se mariait pas bien avec Lovecraft avait tort. Revenons à l’histoire justement. Le personnage principal est un chasseur de primes du nom de Kit Carson. Il rencontre le professeur Lévêque, un frenchie, qui l’aide dans son enquête visant à découvrir qui sont en réalité ces bestioles sorties de nulle part. Dans le même temps, des astronefs étranges envahissent le ciel et se posent un peu partout à travers le monde. De gigantesques mantes religieuses vertes en sortent et livrent à bataille aux géants alliés des Indiens. On apprend par la suite que les « rouges » sont originaires de Mars et que les « verts » viennent de Vénus.  Un troisième larron va se joindre au duo Carson/Lévêque en la personne de Nat Pinkerton, tête pensante de la Première Agence de Renseignement Américain – qui n’est autre qu’une femme, d’ailleurs la scène de l’explication est savoureuse à souhait. Le trio, nouvellement formé se scinde en deux : Lévêque, tourné vers l’ésotérisme, fait route en direction de la côte Est des États-Unis, à Providence plus exactement, tandis que Carson et Pinkerton, résolument plus cartésiens, restent sur le terrain et combattent les ennemis comme ils le peuvent.

Carson et Pinkerton traquent les frères Dalton et Buffalo Bill (devenu tueurs en série de bisons) alors que Lévêque retrouve le Necronomicon dans une vieille bibliothèque de Nouvelle-Angleterre. Le professeur tente, à l’aide de drogues diverses, de lire certains passages du livre maudit afin de trouver, sinon une raison, au moins une solution au problème. À son réveil, Lévêque remarque que le livre n’est qu’une vulgaire copie et que la réponse à ses questions est ailleurs. Le bibliothécaire lui propose d’orienter ses recherches vers une secte étrange baptisée Z’Xem, les véritables gardiens du Necronomicon.

Et tout s’accélère. Alors que les Dalton et Buffalo Bill s’attaquent à des marcheurs encapuchonnés dans le désert que Carson et Pinkerton surveillent au loin, un astronef arrive avec à son bord Lévêque. Les Dalton et les marcheurs sont presque tous tués ; excepté un de chaque bord. La cargaison que trainait les marcheurs attire l’œil de Buffalo Bill qui libère une créature tentaculaire plus horrible encore que les martiens et les vénusiens. Le dernier marcheur est une femme et membre de la secte Z’Xem qui plus est. Elle explique au trio que le monstre se nomme « celui qui bave et qui glougloute » et que ce sont les membres de la confrérie qui sont responsables de tout. Voyant le conflit entre les Confédérés et les Indiens s’éterniser, ils ont, grâce au Necronomicon, invoqués les géants à quatre bras qui ont été suivis par les mantes religieuses. Et comme la situation ne changeait pas beaucoup, ils sont pris la lourde décision de faire venir une autre créature du monde des Grands Anciens : celui qui bave et qui glougloute.

Bien sûr, tout au long de la nouvelle, il y a beaucoup de clins d’œil. On y voit beaucoup de personnages connus du sauvage Ouest sauvage tels que Billy the kid, Calamity Jane, Buffalo Bill, les frères Dalton, O.K. Corral, Wyatt Earp, etc.

C’est le tout premier texte que je lis de Roland C. Wagner. Et je dois dire que je regrette de ne m’intéresser à sa prose que maintenant. Il a écrit beaucoup de choses mais c’est la nouvelle par laquelle je voulais commencer mon « RolandWagner-thon ». Je voulais y aller doucement et éviter de me farcir un pavé de 500 pages qui m’aurait peut-être dégoûté.

Le parfum des « Mystères de l’Ouest » flotte tout au long de l’histoire. Les machines ont des noms super compliqués tout ça pour décrire la manière dont elles fonctionnent. Au final, je me suis régalé du début à la fin et c’est bien dommage que la nouvelle ne fasse que 88 pages tant j’aurais aimé en savoir plus sur ce monde alternatif. Je ne peux donc que vous conseiller de lire « Celui qui bave et qui glougloute ».

Sur ce, je vais vérifier qu’aucune bestiole gluante et munit d’une couronne d’yeux ne se tapisse sous mon lit. On ne sait jamais, des fois que la lecture de cette nouvelle ait invoqué une vilaine bébête venue de l’outre-espace.

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Ayerdhal et le numérique

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Le numérique ! Il y a peu, ce mot me terrifiait. « Que se passera-t-il lorsque les livres auront tous disparus ? » est la question qui revenait souvent me tarauder du fin fond de ma mémoire. Et puis, je me suis mis à voir les choses différemment. Le numérique, oui, n’est pas une si mauvaise chose après tout. Parce qu’en y regardant bien, le numérique est omniprésent. Il est partout, ayant acquis une certaine ubiquité. Et le terme n’est pas anodin.

Je suis auteur. La publication numérique existe, elle est là, je ne peux pas la nier. Si je veux promouvoir mes écrits, je serais forcé d’en passer par là. Alors pour m’en faire une idée, j’ai téléchargé ma première histoire numérique. En fait, il s’agit d’un épisode. Bon, je ne me suis pas tellement mouillé puisqu’il est gratuit. Je suis d’accord. Sauf que cet acte a été salutaire pour moi. D’une part, si l’on regarde le cap que j’ai franchi en acceptant pleinement le numérique et me prêtant totalement au jeu. D’autre part, car cela m’a permis de connaître un auteur de SF dont je n’avais fait qu’entrapercevoir le nom sur de nombreux sites et blogs : Ayerdhal. Et il est aussi populaire pour ses productions littéraires que pour son coup de gueule retentissant concernant les closes d’éditions relatives au numérique (cf le droit du cerf).

Pour le coup, c’est du talent de l’auteur dont je vais parler ici. La lecture du premier épisode de « Rainbow Warriors » a été une véritable surprise. Non, non. Je vous arrête tout de suite. Ça n’a absolument rien à voir avec l’affaire du même nom ; en tout cas pas dans ce que j’ai pu lire.

Comme je ne veux pas spoiler, je dirais simplement qu’il s’agit d’un ancien colonel de l’armée américaine, Geoff Tyler, chargé de monter une troupe de soldats composée exclusivement de LGBT (ou Lesbiennes, Gay, Bis et Transsexuels) pour renverser le régime de la République démocratique du Mambési. Sujet qui m’a pour le moins interpellé, m’attendant au premier abord à lire de la SF ; genre de prédilection de l’auteur. Mais le récit nous transporte, on est assez vite happé par l’intrigue et les passages de recrutement sont à se tordre ; en tout cas moi, je me suis bien marré en les lisant.

À savoir également que cet épisode est le premier d’une série de huit qui seront également téléchargeables au prix modique de 0,99€, à raison d’un épisode par semaine. Ce qui nous amène au 2 mai 2013. Mais pour les plus impatients, sachez que le roman sera disponible en format papier le 21 mars. Et que l’auteur sera en dédicaces au Salon du Livre de Paris (du 23 au 25 mars) ainsi qu’au festival Trolls et Légendes à Mons le week-end suivant. C’est qu’il ne chôme pas !

Pour les petits curieux, vous pouvez télécharger le premier épisode ici.

J’espère vous avoir donné envie de lire cet auteur remarquable. En tout cas, une chose est certaine, je serais à Mons pour me faire dédicacer mon exemplaire de Rainbow Warriors. Allez, à pluche les p’tits lapins 🙂

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Gaiman et particularisme

GraveyardBook

Il ne m’en restait que soixante-dix à quatre-vingt pages hier soir lorsque je m’attaquai à l’avant-dernier chapitre de ce livre fabuleux écrit par Neil Gaiman : L’Étrange vie de Nobody Owens. Je pensais me réserver l’excipit pour un autre jour, lorsque j’eus été prêt à lire la fin de l’histoire. Oui car, comme la très finement observé Lilian b., le fait de ne pas vouloir lire un livre le plus vite possible, d’en savourer chaque page, voire même de les « économiser » en en lisant que quelques pages par jour, fait partie de ce qu’il appelle mon particularisme. L’histoire est tellement prenante que me rapprocher du mot « fin » me plonge dans une sorte d’angoisse indicible ; le terme est peut-être un peu fort cela dit. Mais bon vous avez saisit le principe. Finalement, j’ai englouti le livre sans m’en rendre compte.
Vu son titre on serait en droit de se demander s’il ne s’agissait pas d’une sorte de Benjamin Button mais qui se passe en Angleterre ou à une sorte d’Amélie Poulain mais qui se passe… ah non ça je l’ai déjà dit. Bref à tout sauf à un bouquin qui se déroulerait dans un cimetière. Car 90% de ce livre se déroule dans un cimetière avec ses tombes bien évidemment, ses mausolées, ses cryptes, etc.
Passons maintenant à ce qui nous intéresse : c’est l’histoire d’un tout petit garçon qui, le soir de l’assassinat de ses parents et de sa sœur en réchappe miraculeusement et se réfugie dans le cimetière le plus proche où il est recueillit par un couple de fantômes : les Owens. Jusque-là ça n’a rien à voir avec ce que j’ai pu lire jusqu’à présent. Et puis faut dire que les pages sont joliment illustrées par Dave McKean. Une mise en page du plus bel effet. Pour résumé, le livre suit l’existence de ce petit garçon – prénommé « Nobody » qui signifie Personne en anglais – jusqu’à ces quinze ans où il sort enfin du cimetière pour vivre sa vie avec les vivants.
Dit comme ça, on se dit qu’il ne se passe pas grand-chose au beau milieu des tombes. Dans la vie de tous les jours, sans doute. Mais pas dans un livre de Neil Gaiman ! Car dans ce lieu lugubre, l’auteur parvient à y glisser de nombreuses créatures empruntées au folklore que l’on connaît tous comme des Goules, une Sorcière, un Loup-garou et même un Vampire. Mais ça ne fait absolument pas Twilight ou je ne sais quelle idiotie du genre. On parle de Gaiman ici et le monsieur sait y faire lorsqu’il touche aux fondamentaux, aux monstres et à la terreur. Il est vrai que « Nobody » est un livre classé jeunesse ; ce qui lui a été reproché. Pour ma part, je trouve que lorsqu’on parle d’enfant, il n’est pas nécessaire de verser dans l’horreur. L’histoire qu’il raconte est une jolie histoire mais pas dans le sens péjoratif du terme. C’est le genre d’histoire que l’on peut se raconter au coin du feu, alors que la Lune brille haut dans le ciel étoilé et que toute l’assemblée attend LE rebondissement qui va les faire tressaillir.
Les chapitres se suivent et le petit Bod grandit. En plus de ses parents adoptifs, un tuteur lui a été octroyé : l’intriguant Silas qui, contrairement aux autres spectres du cimetière va et vient comme il le désire alors que les fantômes s’évanouissent dans l’air une fois les grilles franchies. Ce dernier lui apporte de quoi se nourrir et lui enseigne l’art du Songe, de l’Effacement et toute une panoplie d’autres pouvoirs. Silas le met en garde à plusieurs reprises : Bod ne peut pas aller en dehors du cimetière. Pourquoi ? Car le meurtrier qui a tué toute sa famille, Le Jack, rôde toujours et qu’il compte bien terminer sa besogne.
Cet article n’a pas pour ambition de dévoiler toute l’histoire en détails. Je ne fais aucune fiche de lecture une fois un livre lu. Je le termine et reste imprégné d’une sorte de fluide qui va me permettre de développer mon imaginaire, mes intrigues, mes rebondissements. Je ne le relis pas une seconde fois armé d’un stabilo et d’un carnet. Non. Je lis pour le plaisir. Je voulais savoir comment écrivait Gaiman mais je ne voulais pas m’attaquer tout de suite à un pavé comme « American Gods » ; que le Père Noël me rapporta dans sa hotte il me semble :). Moi qui par le passé n’accrochait pas tellement avec le gothique anglais, « Nobody » m’a réconcilié avec une forme de littérature que je boudais car je ne pensais pas utile de la lire. Que des livres jugés trop enfantins ne sont pas nécessaires. Je me trompais grandement. Moi qui rédige en ce moment mon roman sur le croque-mitaine, c’est vers ce genre livre que je veux me rapprocher.
Dans ma jeunesse, j’ai voulu devenir le prochain Stephen King, le prochain Chuck Palahniuk, le prochain Olivier Adam. Cette fois, je ne veux pas devenir Neil Gaiman. Il est déjà là. Il est unique. Oui, on peut écrire comme lui mais ça ne restera qu’un simple pastiche et cela n’apportera rien d’intéressant. Je veux être moi-même au moment de l’écriture. J’ai un monde qui m’appartient et je n’ai nul besoin d’aller piquer les idées aux autres. Car comme m’a dit Lilian b. : cela fait partie de mon particularisme.

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