Pourquoi lire ?

Pourquoi lire ? C’est une question que l’on se pose obligatoirement lorsqu’on se met à écrire. Parce que sans lectorat, nous n’avons pas besoin d’écrire. Si écrire n’a de but que de noircir du papier ou bien saturer de fichiers Word tout un tas de clés USB ou de disque dur cela n’a pas grand intérêt.

On ne lit pas simplement pour passer le temps. On ne lit pas simplement parce qu’un prof nous a demandé d’en faire un résumer pour dans quinze jours. On ne lit pas simplement parce qu’on a vu un film du même nom et que l’on aimerait savoir si le réalisateur a été fidèle au matériau d’origine. Non, le plaisir de la lecture vient avant-tout d’un besoin d’évasion. On recherche dans la littérature les réponses que l’on ne parvient pas à formuler dans la vie de tous les jours.

Lorsqu’on plonge dans un récit, ce qui accroche l’œil c’est cette vision particulière dont nous fait part l’auteur. Ce regard sur le monde qui lui est propre, cette approche de ce qui nous entoure et qui pourrait nous faire voir le monde autrement. Comme pour quelqu’un qui porterait des lunettes. Le jour où on change la correction des verres, il faut un petit temps d’adaptation. C’est certain : on voit beaucoup mieux qu’avant. Mais notre œil est obligé de faire le point ; comme le ferait un appareil photo pour prendre un cliché qui ne serait pas flou. Durant un long moment, on tâtonne un peu, le temps que l’on s’habitue à cette « nouvelle vision ». Et bien pour moi, un auteur doit avoir cette ambition lorsqu’il écrit et cela doit transparaître au moment de la lecture. Il faut qu’après avoir refermé un livre, on ressente ce moment de flottement, cette brève mise au point. Lorsqu’on lit, l’auteur dispose de notre cerveau. Il le malaxe, le triture, le pince, le chatouille et parfois tout cela à la fois. « Il tord très légèrement notre manière de voir les choses », comme dirait Philippe Djian. Mais au lieu de le faire avec violence, en faisant irruption chez nous alors que l’on est tranquillement installé dans notre lit ou dans notre fauteuil et bien il y parvient par le biais des mots.

Alors pourquoi lit-on ? Pour assouvir un désir masochiste à n’en pas douter.

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